Dimanche 13 mai, le printemps débordait de générosité dans les rues parisiennes, bordées d’arbres aux branches pleines de vert, de fleurs éphémères, avec un soleil éclatant qui inondait les terrasses bondées de citadins, où les jupes et les bermudas étaient de sortie. Il fallait donc une excellente raison de vouloir s’enfermer dans un théâtre par de telles conditions météo… Et une excellente raison nous avions, car ce jour-là, au Cirque d’Hiver dans le 11e arrondissement, on fêtait aussi les joies du printemps, par l’intermédiaire du Carmina Burana de Karl Orff, dont nous vous parlions il y a quelques jours.

Composé sur des poèmes profanes du Moyen-Âge, toute la première partie de l’oeuvre est en effet une vaste célébration du printemps, du renouveau de la vie, de la nature fleurie, et aussi… de l’amour! Ou tout du moins, du désir… Fort d’un choeur de 250 jeunes chanteuses et chanteurs (pieds nus, les filles en robe blanche, les garçons en toge grecque), l’Académie de Musique et son grand orchestre* ont livré une version pêchue et spectaculaire, profitant de l’espace circulaire du magnifique Cirque d’Hiver pour investir pleinement les différentes entrées scéniques, avec des danses, des jeux de scènes et de lumière.
Malgré quelques décalages rythmiques entre le choeur et l’orchestre (qu’on peut pardonner, du fait de la distance entre les deux, et surtout la taille impressionnante du choeur…), le spectacle était au rendez-vous. Mention particulière pour le soliste baryton, Kristian Paul, qui a livré une interprétation puissante et très incarnée.
En guise d’introduction à l’oeuvre de Karl Orff, l’orchestre de l’Académie a fait entendre deux danses symphoniques: Bergamasca du compositeur italien Ottorino Respighi, une oeuvre datant de 1924 pleine de fraîcheur, caractéristique de son langage musical si unique, mélange d’ancien et de moderne, puis la célèbre Baccanale orientale extraite de l’opéra Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns.
Très justement ovationnés, les chanteurs et instrumentismes ont bissé le célébrissime O Fortuna qui ouvre et conclut Carmina Burana, l’occasion pour Jean-Philippe Sarcos de céder la baguette à son jeune et très doué chef assistant Gabriel Bourgoin.
Une magnifique féérie sonore et visuelle que vous pouvez encore découvrir le 22 et le 31 mai, à 21h, toujours au Cirque d’Hiver. Renseignements et réservations sur
www.academie-de-musique.com
* dans l’orchestre figure notre collaboratrice de musicaeterna.fr Victorine de Oliveira