Pour Dustin Hoffman, l’opéra c’est un truc de vieux
Jeudi, avril 11th, 2013Quand on pense à l’opéra, on ne peut s’empêcher de penser aux têtes grises parfumées à l’eau de Cologne, aux manteaux de fourrure et aux conversations ringardes. Une image poussiéreuse qui a la vie dure, malgré les nombreuses et merveilleuses initiatives qui existent pour rajeunir le public de l’art lyrique. Hélas, ce n’est pas le film de Dustin Hoffman Quartet, en salles depuis le 3 avril, qui risque de changer les choses !
Hymne à la vieillesse, le film raconte l’histoire d’une maison de retraite pas comme les autres, nommée Beecham House, d’après le célèbre chef-d’orchestre britannique. Située entre deux collines verdoyantes de la belle campagne anglaise, elle héberge des ex-musiciens et ex-chanteurs célèbres, qui semblent retrouver une deuxième jeunesse grâce à l’amour de la musique qui ne les a jamais quitté. Tous se préparent pour le concert de gala consacré à Verdi (dont on célèbre le bicentenaire cette année) qui a lieu tous les ans pour générer des fonds qui servent à financer l’établissement. L’arrivée de la fameuse cantatrice Jean Horton va quelque peu troubler l’atmosphère paisible de la résidence, puisqu’elle va devoir se confronter à la rancoeur de son amour de jeunesse, le ténor Reggie Paget, qu’elle n’a pas revu depuis des décennies. Après quelques petits rebondissements dignes d’une véritable tragédie verdienne, la veine comique du film se laisse dominer par le dramatique, et flirte avec le mélo – un sentiment facilité par une musique originale assez mièvre, bien désolante à côté des autres chef d’oeuvres de Mozart, Verdi, Boccherini et Bach qui colorent le film de leurs mélodies sempiternelles.
Malgré un sujet fort original, un thème de la vieillesse abordé avec tendresse et une superbe performance d’acteurs seniors – en particulier Maggie Smith, Tom Courtenay, Bill Connolly, Michael Gambon – le film ne tient pas toutes ses promesses. On sourit plus qu’on ne rit, avec des scènes comiques trop souvent téléphonées, et on regrette un scénario trop simpliste. Quant à l’opéra et à ses clichés, on est malheureusement amplement servi : on s’amuse ainsi des scènes où les anciens solistes se réservent les places au soleil dans la salle du petit-déjeuner, ou quand les pertes de mémoire font radoter les divas sur combien elles étaient des chanteuses formidables, en se faisant rappeler 12 fois sur scène une fois le rideau tombé…
Toutefois, cette vision has-been et élitiste du monde lyrique est contrebalancée par quelques scènes d’ouverture au jeune public, et de tentatives de passerelles entres les styles musicaux, notamment lors de cette scène où Reggie se renseigne sur la musique hip-hop en préparant sa conférence sur l’opéra devant un groupe d’ados, lesquels rigolent lorsque le vieux ténor avoue ne pas connaître… Lady Gaga !
Et vous, quel est votre sentiment sur ce film ?






