Mahler s’expose au Musée d’Orsay
Vendredi, avril 8th, 2011
Alors que des hordes entières de touristes s’agglutinaient dans les grandes galeries aménagées pour accueillir l’expo Manet, je préférais quant à moi l’intimité et la tranquillité des 3 petites salles dédiées à Gustav Mahler, dont on célèbre cette année les 100 ans de la mort.
Une expo qui ‘a pas eu très grande presse, sans doute de par ses dimensions assez modestes, mais qui vaut vraiment le détour, surtout si vous êtes déjà familier avec l’univers du grand symphoniste autrichien.
L’imposant buste de Rodin, sculpté en 1909 – deux ans seulement avant la mort de Mahler -, vous accueille avec majesté dans la première salle, garnie de peintures, dessins, pastels et photographies. A noter, en passant, une superbe sculpture miniature en bronze de Ludwig van Beethoven. Dans la deuxième salle, une vidéo d’Alma Mahler – très âgée – qui confie des souvenirs précieux sur les 10 années passées aux côtés du grand homme, et des photos de la soprano Anna von Mildenburg, l’une de ses premières amours. Dans la troisième salle, des travaux de scéongraphie d’Alfred Roller – le grand metteur en scène et collaborateur de Mahler à l’Opéra de Vienne, dont les productions des opéras de Wagner firent date – et des manuscrits originaux, notamment le chant Ich bin der Welt abhanden gekommen (« Je me suis retiré du monde ») et le début de la Symphonie n°9, sur lequel Mahler a écrit, en grosses lettres « Lebe wohl, Welt! » (Adieu, Monde!).
Mais pour moi, le temps le plus fort de l’expo, c’est la possibilité de suivre la Symphonie n°4 (diffusée par les enceintes dans les 3 salles) sur le manuscrit original, intégralement déroulé pour l’occasion! Pour les non-initiés à la lecture de notes, une lumière s’allume sur chaque page de la partition, à mesure que la musique avance. Un moment vraiment très émouvant! C’est comme assister à l’éclosion du génie de Mahler, sympathiser avec son énergie créatrice… Seul regret, le volume n’est pas réglé assez fort, et avec les bruits environnants, difficile de se concentrer et d’entendre les moments pianissimo, surtout dans le mouvement lent. Il aurait fallu à mon avis une salle isolée entièrement dédiée à cette seule symphonie.
Exposition jusqu’au 29 mai 2011, accessible avec le billet musée. Retrouvez une présentation détaillée de l’expo sur le site web du Musée d’Orsay.