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Carmina Burana, le sacre du printemps de Karl Orff

Mercredi, mai 16th, 2012

Dimanche 13 mai, le printemps débordait de générosité dans les rues parisiennes, bordées d’arbres aux branches pleines de vert, de fleurs éphémères, avec un soleil éclatant qui inondait les terrasses bondées de citadins, où les jupes et les bermudas étaient de sortie. Il fallait donc une excellente raison de vouloir s’enfermer dans un théâtre par de telles conditions météo… Et une excellente raison nous avions, car ce jour-là, au Cirque d’Hiver dans le 11e arrondissement, on fêtait aussi les joies du printemps, par l’intermédiaire du Carmina Burana de Karl Orff, dont nous vous parlions il y a quelques jours.

Composé sur des poèmes profanes du Moyen-Âge, toute la première partie de l’oeuvre est en effet une vaste célébration du printemps, du renouveau de la vie, de la nature fleurie, et aussi… de l’amour! Ou tout du moins, du désir…  Fort d’un choeur de 250 jeunes chanteuses et chanteurs (pieds nus, les filles en robe blanche, les garçons en toge grecque), l’Académie de Musique et son grand orchestre* ont livré une version pêchue et spectaculaire, profitant de l’espace circulaire du magnifique Cirque d’Hiver pour investir pleinement les différentes entrées scéniques, avec des danses, des jeux de scènes et de lumière.

Malgré quelques décalages rythmiques entre le choeur et l’orchestre (qu’on peut pardonner, du fait de la distance entre les deux, et surtout la taille impressionnante du choeur…), le spectacle était au rendez-vous. Mention particulière pour le soliste baryton, Kristian Paul, qui a livré une interprétation puissante et très incarnée.

En guise d’introduction à l’oeuvre de Karl Orff, l’orchestre de l’Académie a fait entendre deux danses symphoniques: Bergamasca du compositeur italien Ottorino Respighi, une oeuvre datant de 1924 pleine de fraîcheur, caractéristique de son langage musical si unique, mélange d’ancien et de moderne, puis la célèbre Baccanale orientale extraite de l’opéra Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns.

Très justement ovationnés, les chanteurs et instrumentismes ont bissé le célébrissime O Fortuna qui ouvre et conclut Carmina Burana, l’occasion pour Jean-Philippe Sarcos de céder la baguette à son jeune et très doué chef assistant Gabriel Bourgoin.

Une magnifique féérie sonore et visuelle que vous pouvez encore découvrir le 22 et le 31 mai, à 21h, toujours au Cirque d’Hiver. Renseignements et réservations sur www.academie-de-musique.com

* dans l’orchestre figure notre collaboratrice de musicaeterna.fr Victorine de Oliveira

Carmina Burana, meilleure porte d’entrée dans l’univers du classique?

Jeudi, mai 3rd, 2012
Pour faire découvrir le classique à un néophyte… par quoi commencer ? S’il a l’esprit curieux, libre de tout préjugé, ça ne doit pas être bien compliqué, le répertoire est d’une telle richesse que y’en a pour tous les goûts, du chant grégorien aux symphonies de Penderecki, en passant par Bach, Mozart, Chopin ou Tchaikovski… Oui, mais on commence par qui, Chopin ou le chant grégorien ? Chez les amateurs de classique, certains n’écoutent que du baroque, d’autres que du romantique, d’autres encore que de la musique pour piano… pas facile de prédire ce qui va plaire à une oreille ou à une autre!
Il est pourtant, je crois, une oeuvre capable de rassembler les foules, et de vraiment faire aimer le « classique », même si d’un point de vue musicologique, l’oeuvre n’a rien de classique : je pense à Carmina Burana du compositeur allemand Karl Orff, une vaste oeuvre énergique, peu complexe, et bourrée de rythmes entraînants, écrite en 1934 pour choeur et orchestre sur des textes de chansons gaillardes et des poèmes païens du XIIIe siècle… Bon, ok, ça fait 8 siècles, le manuscrit originel a sans doute pris un peu la poussière, mais la musique, elle, n’a « que » 78 ans!
Pourquoi l’oeuvre est susceptible de parler à un large public ? Par son rythme hypnotisant déjà, élément primordial dans la musique de Karl Orff, mais aussi sa masse chorale et orchestrale ; c’est une oeuvre qui « en jette » et qui en met met plein les oreilles… Et puis, sa succession de courts mouvements (25 au total) en font une oeuvre facile à suivre, avec des mélodies simples inspirées notamment de compositeurs de la Renaissance.

Et plutôt que de l’écouter en disque, où le rendu est nettement moins impressionnant qu’en « live », une superbe occasion s’offre à vous, chanceux Parisiens : 300 artistes seront réunis au Cirque d’Hiver à plusieurs dates en mai pour interpréter ce monument musical du 20e siècle (dont vous connaissez sûrement – j’en mets ma main au feu –  le célébrissime « O Fortuna », rabâché dans d’innombrables films, publicités, et autres évènements sportifs), sous forme de spectacle grandiose avec musique, danse et mise en scène.

Tous seront placés sous la direction de Jean-Philippe Sarcos, fondateur de l’Académie de Musique et qui fait beaucoup pour populariser la musique classique depuis des années, auprès des jeunes notamment, dans une mise en scène orchestrée par Michel Ormières et une chorégraphie originale signée Fanny Coulm. Il y aura même des solistes de luxe, avec la participation de Magali Leger (soprano), Philippe Talbot (ténor) et Kristian Paul (basse).

Du 12 au 31 mai, au Cirque d’Hiver, 75011 Paris. Renseignements et réservations sur www.academie-de-musique.com