Biographie de George Onslow (1/2)
George Onslow est une figure singulière de l'Histoire de la Musique :
très largement et unanimement reconnu de son vivant, il est aujourd'hui
pour ainsi dire oublié et son œuvre, essentiellement consacrée à la
musique de chambre pour cordes, est quasi absente du répertoire
notamment essentiellement en raison du fait qu'elle n'est plus
disponible depuis plus d'un siècle en édition moderne.
Issu d'une ancienne famille de l'aristocratie anglaise, dont plusieurs
membres jouèrent un rôle important dans la vie politique britannique
(son grand-père, premier comte d'Onslow, fut "speaker" à la Chambre des
Communes), George Onslow est né en 1784 à Clermont-Ferrand où Edouard,
son père, était venu s'installer en 1781 à la suite d'un scandale
familial qui l'avait contraint à quitter son sol natal. Rapidement
intégrés dans la notabilité clermontoise, les Onslow mènent une vie
paisible jusqu'en 1789, date à laquelle la Révolution vient
compromettre leur sécurité. Emprisonné en 1793 en raison de sa
nationalité, et en dépit de sa connivence avec Couthon dont il était
frère en maçonnerie, Edouard Onslow est poussé à l'exil en 1797. Son
fils aîné, George, l'accompagne dans ce qui va devenir pour lui un
voyage d'étude. Entre 1798 et 1806, il étudie le piano auprès de
plusieurs maîtres, notamment Cramer, Dussek et Hullmandel qui
enseignaient à Londres ; des séjours en Allemagne et en Autriche lui
permettent de parfaire sa formation d'instrumentiste. Onslow ne se
destinait pas encore à la carrière artistique, et encore moins à celle
de compositeur : l'étude du piano n'était qu'un des aspects de son
éducation, au même titre que les mathématiques, l'Histoire, l'escrime,
l'équitation, le dessin (deux de ses frères se consacrèrent à la
peinture), etc. Du point de vue de ses parents, il s'agissait davantage
d'un talent de salon que d'une compétence professionnelle : du reste,
Onslow ne se produisit jamais en récital en tant que pianiste, et ce
n'est qu'à Clermont qu'il accepta de temps à autre de faire applaudir
ses dons d'improvisateur. Il pratiqua également le violoncelle en
amateur afin de compléter un quatuor d'amis avec qui il pratiquait le
répertoire des maîtres (Mozart, Haydn, le jeune Beethoven).
C'est en entendant l'ouverture de Stratonice, un opéra de Méhul,
qu'Onslow découvre sa vocation de compositeur : il est alors âgé de 22
ans. Son premier essai, un recueil de trois quintettes, remporte un tel
succès que ses amis, ses interprètes et Pleyel, son éditeur,
l'encouragent à persévérer. Quatuors et trios suivent aussitôt, mais
Onslow mesure rapidement ses lacunes et décide de compléter ses
connaissances théoriques en se remettant aux bons soins d'Anton Reicha
qui fut son seul et unique maître de composition. Son influence devait
se révéler décisive, tant d'un point de vue esthétique que stylistique.
Onslow entame alors une brillante carrière qui fait de lui rapidement
un compositeur incontournable de la vie musicale de la première moitié
du 19e siècle : les plus grands interprètes l'inscrivent à leur
répertoire et son nom côtoie ceux de Mozart, Haydn et Beethoven dont on
estime qu'il est le digne et unique successeur.
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