La Frise Beethoven, pièce maîtresse de l’expo Klimt à Paris

frise_beethovenJuste en face de l’imposante Eglise de la Madeleine à Paris, où Théodore Dubois, Gabriel Fauré ou encore Camille Saint-Saëns – surnommé le « Beethoven français » par Charles Gounod – furent tour à tour titulaires du grand orgue, c’est un autre compositeur, plus universel celui-là, qui est à l’honneur au musée de la Pinacothèque. On parle bien sûr de Ludwig van Beethoven – le vrai – dont la Neuvième Symphonie avec son célébrissime « Hymne à la Joie » est le thème central de la non moins fameuse frise peinte par Gustav Klimt, pièce maîtresse de l’exposition « La Sécession à Vienne, au temps de Klimt » qui court jusqu’au 21 juin.

A Vienne, cette frise avait été réalisée par Klimt au moment de l’inauguration du Palais de la Sécession, un lieu construit dans le style Art Nouveau, mouvement artistique anti-conservateur qui faisait fureur à travers les grandes villes d’Europe au tournant du XXe siècle. La frise s’inspire d’un texte de Richard Wagner à propos de la Neuvième de Beethoven, dans lequel le compositeur allemand décrit l’Art comme la plus joyeuse manière d’apaiser le désir profond de l’humanité : l’aspiration au Bonheur et à l’Amour dans un Univers idéal.

Mais pour arriver à cet Univers idéal, que Klimt illustre par un baiser au monde entier, il faut parvenir à s’extirper des souffrances terrestres, combattre les forces hostiles incarnées par le géant typhon et ses trois filles (la Maladie, la Folie, la Mort), et se laisser guider par les Arts, représentées dans la frise par des personnages féminins.

Pour admirer ce chef d’oeuvre de Klimt, il faut d’abord digérer les 14 euros de droit d’entrée, et user de beaucoup de patience en s’insérant dans la densité du flux de visiteurs venus voir l’exposition. Et contrairement à Vienne, où la frise occupe tout le tour d’une salle qui lui est spécialement dédiée, le manque d’espace oblige la Pinacothèque à morceler les différents panneaux de la frise, ce qui est un peu dommage.

Hormis Beethoven, un discret hommage est aussi rendu à Gustav Mahler, autre grand compositeur ayant vécu à Vienne – contemporain de Klimt – avec la mise à disposition du fameux buste en bronze réalisé par Auguste Rodin en 1909. C’est Mahler, alors directeur de l’Opéra de Vienne, qui dirigea le concert d’inauguration du Palais de la Sécession et de l’exposition Beethoven en 1902, avec au programme, bien sûr, la Neuvième Symphonie.

Vous avez jusqu’au 21 juin pour admirer le frise de Klimt, le buste de Mahler, et bien entendu toutes les autres oeuvres de cette belle exposition – la fameuse Judith de Klimt, des oeuvres de Schiele et de Kokoschka, du magnifique mobilier Art Nouveau, etc.
Et si vous ne pouvez pas vous y rendre, YouTube pourra peut-être vous consoler :


Commentaire

La Frise Beethoven, pièce maîtresse de l’expo Klimt à Paris — 3 commentaires

  1. Bravo et merci pour ce magnifique montage. Je suis déjà allée voir l’exposition mais je ne me suis jamais rendue à Vienne et j’ai beaucoup apprécié votre présentation. Je vais retourner à la Pinacothèque enrichie de vos commentaires.
    Nous avons beaucoup de chances à Paris que la culture, sous toutes ces formes vienne jusqu’à nous.

  2. Merci de cette présentation qui prolonge si joliment la visite de l’exposition à la Pinacothèque et apporte le plus d’émotion avec la 9e.

  3. Avec le recul du temps, je pense que la Pinacothèque, et malgré ses « moyens » réduits ( on est loin de la Fondation VUITTON, qui fait presque « nouveau riche » ! ), et le manque évident d’espace, a très bien « rendu » cette particularité de la « Sécession » ( à l’époque Vienne était au sommet de sa renommée ! ). Le petit pot de terre a fait plus que se défendre ! B R A V O !
    …. et M E R C I à la Pinacothèque !

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