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la musique classique désacralisée

Retour gagnant pour Emile Paladihle!

décembre 21st, 2009

Choristes de l'Académie de MusiquePour tout mélomane, exhumer un chef d’oeuvre endormi depuis des décennies est une expérience tout à fait excitante. L’amateur de musique classique, faute de se nourrir de nouvelles oeuvres, se contente de nouvelles interprétations, et finit par ne plus trop savoir où donner des oreilles entre les centaines d’enregistrements différents qui existent de la 5e de Beethov, les 4 saisons de Vivaldi ou du Requiem de Mozart…

Mais la vie d’un mélomane n’est pas exempte de rebondissements, et voilà que l’on vient de retrouver quelques gribouillis inédits du grand Ludwig dans un grenier viennois : un vieux menu de taverne déchiré, quelques ratures d’encre noire, des points et des traits…. mais 23 secondes de musique jouables ! En attendant, mon voisin fan de Coldplay savoure avec bonheur le tout dernier album du groupe, composé de 14  chansons, inédites elles aussi…. Peu importe, les gribouillis de Beethov, c’est du nouveau !

Un amateur de classique se contente de peu. Mais il arrive aussi que, une fois tous les 10 ans peut-être, un grand compositeur du passé resurgisse avec rage des oubliettes. Un tsunami dans le monde poussiéreux du classique ! Et une victoire au loto pour le mélomane.  On apprend que c’était l’ami de Bizet, de Saint-Saens et de Gounod, et qu’en son temps, il jouissait d’une célébrité aussi grande.  ça alors ! Comment est-ce possible ? Qui a entendu parler d’Emile Paladilhe ? Emile qui vous dites ? Paladilhe ! Inconnu du bataillon…

On nous dit qu’il est aussi le plus jeune Grand Prix de Rome de l’histoire, à 16 ans.  Et aussi qu’il a composé un chef-d’oeuvre qui s’appelle Les Saintes Maries de la Mer, un vaste oratorio en 4 parties, pour solistes, choeur et orchestre. Curieux nous sommes de l’entendre ! Enfin un peu de fraicheur et de nouveauté dans ce monde dont on a balayé tous les recoins, d’innombrables manières…

C’est Jean-Philippe Sarcos, directeur musical du choeur et de l’orchestre de l’Académie de Musique, qui a eu la joie et le privilège de redécouvrir ce grand homme du romantisme français, et la générosité d’en faire profiter un public parisien fort nombreux, lors de deux grands concerts évènements à l’Eglise de la Madeleine et l’Eglise de la Trinité.

Le terme de chef-d’oeuvre n’est sans doute pas trop fort, tant nous sommes ressortis contemplatifs de cette vaste légende provençale aux couleurs inouïes et chatoyantes, savourées avec délectation… On y entend du Fauré, du Debussy, du Saint-Saens, mais aussi du Vaughan Williams, et pourtant non ! Non, ce n’est pas un patchwork de morceaux collés à la suite de ces grands noms du classique… Il y a quelque chose en plus, d’assez inqualifiable… mais bien sûr, c’est du Paladilhe,  tout simplement !

Jean-Philippe Sarcos, directeur musicalJean-Phillipe Sarcos avait le souci de transmettre au public son amour pour cette fresque, endormie à la Bibliothèque Nationale depuis plus d’un siècle. Avant le début du concert, petite introduction musicale aux Saintes Maries de La Mer. Le chef nous explique les 3 motifs musicaux à repérer dans l’oeuvre, qui parsèment la partition comme des leitmotivs avec variations. Le public l’écoute avec grande attention, et se tient ensuite dans les meilleures conditions pour apprécier cette re-création à sa juste valeur.

La prestation des musiciens a été tout à fait remarquable. C’est grâce à eux, surtout, que le mystérieux Emile est revenu à la vie, le temps d’une soirée  passionnante… On a apprécié la belle énergie juvénile du choeur de 250 jeunes, fort concentré d’un bout à l’autre de l’oratorio, et sans partitions SVP ! Un grand bravo aussi aux excellents solistes, notamment l’impressionnant ténor Fabrice Mantegna, dont la voix puissante a joyeusement rempli tous les recoins de l’immense Trinité…

Le romantisme solidaire d’Oye Kephale

décembre 11th, 2009

oye-kephaleL’ensemble parisien “Oye Kephale”, créé en 1995,  s’est fait une spécialité la revisite du répertoire de l’opérette, et plus particulièrement des opéras-bouffes de Jacques Offenbach (La Belle Hélène, la Périchole, les Brigands, la Vie Parisienne…).

En attendant de les retrouver dans une nouvelle production lyrique, c’est un changement d’ambiance radical qu’il nous proposent ces jours-ci, avec trois concerts plus “sérieux” où seront interprétées des oeuvres de Bruckner, Schubert et de Mendelssohn (dont on fête les 200 ans de la naissance). On y entendra notamment des extraits de Rosamunde de Schubert, ainsi que le psaume 115

Les solistes (Rapahelle Raimon, Damien Bigourdan et Guilhem Souyri), le Choeur et l’Orchestre Oye Kephale seront dirigés par Laetitia Trouvé, directrice artistique de l’ensemble  depuis 2005.

Au delà de leur énergie artistique et musicale, la troupe se singularise par leur dévouement envers plusieurs associations solidaires.  Les bénéfices  de leurs  3 prochains concerts vont ainsi être reversés à deux associations :

- L’Association “Le Rocher Oasis des Cités“, qui oeuvre en faveur de l’encadrement des jeunes défavorisés des banlieues dites  “sensibles” de Paris,
- L’Association “Enfants do Prata“, qui oeuvre pour faciliter la scolarisation de centaines d’enfants brésiliens descendants d’esclaves de la ville de Sao Domingos de Prata.

Ecouter un concert tout en participant de manière indirecte à l’action de ces associations, voilà ce que propose au public l’ensemble Oye Kephale. Un public que nous leur souhaitons très nombreux !

>> Plus d’infos et réservtions sur le site oyekephale.com

Diapasons d’or 2009 : voix lyriques à la fête

novembre 26th, 2009

Diapason d'orMercredi 25 novembre, j’ai été convié à assister à la remise des Diapasons d’Or 2009, à la salle Olivier Messiaen de Radio France. Une émission radio en direct présentée par la jeune paire dynamique Emmanuelle Gaume et Edouard Fouré Caul-Futy.
Une soirée bien sympathique, avec la production en live de certains des musiciens récompensés.

Les critiques musicaux du magazine Diapason ont attribué la récompense suprême à une poignée de disques classiques parmi les milliers de nouveautés de l’année 2009. Parmi eux, des noms bien connus comme le Quatuor Jerusalem, Cecilia Bartoli, Alexandre Tharaud, Bernard Haitink ou Nikolaus Harnoncourt.

Pour la première fois, le public a été invité à élire LE disque de l’année, parmi cette pré-sélection de Diapason. Emmanuel Dupuy, le rédacteur en chef du magazine, est venu lui-même annoncer le résultat à la fin de l’émission spéciale de France Musique : à égalité la soprano Cecilia Bartoli pour l’album Sacrificium et le ténor Jonas Kaufmann pour l’album Romantic arias (tous deux chez le label DECCA). En 3e position, Alexandre Tharaud pour son album Satie, Avant dernières pensées (Harmonia Mundi).

Espérons qu’avec de tels évènements qui placent le disque à la fête, les artistes et labels continueront encore longtemps à nous enchanter les oreilles avec de beaux et nouveaux albums ; les concerts et festivals ne suffisent pas…. c’est le marché du disque fait vivre la musique classique d’aujourd’hui !

Le Concert : un “crescendo orgasmique”… et un goût de retournes-y !

novembre 16th, 2009

le-concertJe surveille toujours de près les films qui mettent en scène ou en valeur la musique classique… j’ai toujours pensé que le cinéma était un formidable moyen de faire aimer cette musique, la faire découvrir aux néophytes, selon la manière dont elle est utilisée pour accompagner l’image. Adagietto de Mahler dans Mort à Venise, Trio n°2 de Schubert dans Barry Lindon, Für Alina d’Arvo Pärt dans La Chambre des officiers… les exemples ne manquent pas. Ces films-là ne sont pas des films qui traitent de la musique, mais des films qui utilisent une même musique de manière récurrente, au point que images et musique deviennent indissociables et génèrent chez le spectateur une émotion forte faite de sons et d’images, et qui fera qu’a chaque fois qu’il entendra le Schubert ou le Mahler dans un autre contexte, il repensera forcément au film… et revivra son émotion.

Actuellement au cinéma, je vous conseille vivement Le Concert du cinéaste roumain Radu Mihaileanu, (également auteur de l’émouvant Vas, vis et deviens, 2005). Un film un peu fou-fou et surréaliste d’un genre hybride qui mêle sentimentalisme et humour à la Kusturica… et qui se transforme petit à petit en authentique mélodrame, avec la scène finale du concert : un moment de cinéma inoubliable, avec le concerto pour violon de Tchaikovski comme raison d’être….
Un film qui ne valorise donc pas seulement la musique, mais qui la met aussi en scène, et d’une manière absolument majestueuse.

Je ne comprends pas la critique du magazine les Inrocks, qui parle de “patchwork d’émotions programmées au son d’un Tchaïkovski mutilé faisant des tonneaux dans sa tombe”… ! Bien sûr que l’émotion finale est programmée, et alors ? Ne va-t-on pas au cinéma ou au concert pour être ému ? Où est le problème ! Quant au Tchaikovski mutilé, je trouve au contraire qu’il est mis en valeur de fort belle manière ; pas tant dans l’interprétation proprement dite de sa musique, mais la façon dont sa musique est évoquée et utilisée dans le film, comme étant la source de cette “harmonie ultime”, cette perfection recherchée par le chef d’orchestre, personnage principal du film.

Télérama, quant à lui, parle de l’utilisation du concerto de Tchaïkovski comme un “crescendo orgasmique”, une opération jugée “pénible”… Depuis quand un orgasme a-t-il été pénible et douloureux ?! La passion contenue dans le premier mouvement du concerto est justement une sorte de “crescendo orgasmique”, une explosion de joie musicale que tous les amoureux de Tchaikovski connaissent ! J’ai entendu ce concerto pas plus tard que l’autre jour à Salle Pleyel, par Renaud Capuçon. Si je compare mon émotion du concert avec l’émotion ressentie dans ce film, je retiens surtout le film ! Je sais maintenant que je n’écouterais plus jamais de la même manière ce concerto, car je repenserai toujours forcément au film, et je sais d’avance que mon émotion sera plus forte…

Si j’ai donc un conseil à vous donner, c’est de ne pas vous fier aux critiques pour ce film-ci. Allez voir Le Concert ! Pas besoin de connaître Tchaikovski. Je connais des gens qui en sont ressortis émus par leur découverte de cette musique qu’ils ne connaissaient pas.

L’histoire est celle d’un chef d’orchestre russe célèbre, directeur du fameux Bolchoï, et renvoyé avec humiliation dans les années 80 sous l’ère Brejnev car il défendait les musiciens juifs de son orchestre. 30 ans plus tard, il exerce en tant qu’homme de ménage au sein du même théâtre… Un jour, il vole avant de le détruire un fax en provenance du Théâtre du Chatelet à Paris, invitant l’orchestre du Bolchoi à se produire en concert. Il décide alors de reformer son ancien orchestre avec tous ses musiciens (dont les  juifs et tziganes), ces anciens “ennemis” du peuple, pour voler la vedette au Bolchoi véritable… l’affaire s’annonce problématique : beaucoup de musiciens ont disparu, vendu leurs instruments, n’ont pas de passeport… C’est le début de l’aventure rocambolesque qui va mener non sans mal les musiciens-clochards jusqu’au concert final à Paris, avec pour soliste une violoniste française archi-célèbre, jouée par l’actrice Mélanie Laurent, dont le film dévoilera l’histoire invraisemblable…
Pour finir, je retiendrai du film cette phrase-clé, qui dit à peu près ceci : “Un orchestre est un monde dans lequel les gens s’associent en dépit de leurs différences pour jouer la musique ensemble, et atteindre l’ultime harmonie. C’est ça le vrai communisme !”

Assez parlé, je vous laisse découvrir par vous-même ce film superbe, dont voici ci-dessous la bande-annonce :

Concert symphonique au profit de l’Unicef

novembre 12th, 2009

myung-chungA l’occasion du 20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, l’Orchestre Philharmonique de Radio France donnera un concert exceptionnel au profit de l’Unicef. Rendez-vous le vendredi 20 novembre 2009, à 20 heures, salle Pleyel à Paris.

Au programme : Le Boléro et La Valse de Maurice Ravel, les Tableaux d’une Exposition de Modeste Moussorgsky (orchestration par Ravel)

Sous la direction musicale de Myung-Whun Chung, Ambassadeur international de l’Unicef, l’Orchestre Philharmonique de Radio France interprètera un programme Ravel (Boléro, La Valse) et Moussorgsky (Tableaux d’une Exposition), pour manifester sa solidarité avec tous les enfants du monde.

Les musiciens fêteront cet anniversaire avec une centaine d’enfants et adolescents, qui interpréteront avec eux, sous la baguette du Maestro, le Boléro.

Un avant-concert aura lieu dans le hall de la Salle Pleyel de 19h à 19h30 donné en petite formation par ces jeunes musiciens, élèves de 3ème du collège Condorcet de Dourdan et élèves des Conservatoires de Paris et de la région parisienne.

Plus d’infos sur le site de l’Unicef.

Monteverdi pour ouvrir le bal des 30 ans des Arts Flo

novembre 12th, 2009

Concert [Paris, Cité de la Musique, 7-XI-2009]. Claudio Monteverdi (1567 – 1643) : Madrigaux, Livre VI. Miriam Allan, soprano. Hannah Morrison, soprano. Maud Gnidzaz, mezzo-soprano. Paul Agnew, ténor. Sean Clayton, ténor. Lisandro Abadie, basse. Les Arts Florissants, direction : Paul Agnew.

Les trompettes et timbales viendront plus tard ; c’est avec l’intimité des madrigaux de Monteverdi que Les Arts Florissants ont choisi d’ouvrir le bal des célébrations de leur 30 ans d’existence, premier concert du cycle “Le Baroque revisité” à la Cité de la Musique de Paris. Réuni en petit comité (7 chanteurs et 4 instrumentistes) et privé du vénérable William Christie, l’Ensemble a réalisé samedi soir une véritable démonstration de qualité devant une salle pleine à craquer.

[...] La magie avait opéré dès les dissonances d’ouverture du livre VI des madrigaux de Monteverdi, dans le Lamento d’Arianna. En deux accords Les Arts Florissants nous ont immédiatement plongés dans la Venise d’il y a 400 ans. Alors que les premiers livres de madrigaux sont composés pour chœur a cappella, Monteverdi intègre une basse continue à partir du livre V, un véritable tournant dans l’histoire de la musique. Dans ce livre VI, caractérisé par la thématique du deuil amoureux, les chanteurs sont accompagnés d’une harpe, d’un théorbe, d’un archiluth et d’un clavecin.

>> Lire la suite de cette chronique sur Resmusica

>> Cliquez ici pour revoir le concert en vidéo sur le site de la Cité de la Musique (filmé par ARTE)

Feu latin sur les Alpes

octobre 28th, 2009

Samedi 24 octobre, Salle Pleyel. Assis sur un fauteuil solitaire du 2e balcon avec vue plongeante sur la scène, j’ai assisté à l’une de mes plus belles expériences de concert. Ce soir là,  le jeune et fougeux Gustavo Dudamel dirigeait l’orchestre qui lui est si cher, l’Orchestre Simon Bolivar des Jeunes du Venezuela, composé de musiciens âgés de 12 à 26 ans, tous issus des quartiers pauvres et corrompus de ce pays de l’Amérique Latine.

On n’hésite pas à parler de miracle latin à propos de cet orchestre qui n’a décidément rien à envier aux plus grands orchestres du monde… Je dirais même que cette formation originale,  débordante d’envie et d’énergie, fait un bien fou au monde de la musique classique, habituellement si coincé et rongé par un snobisme méprisable.

L’origine de l’orchestre remonte à 1975, lorsque le ministre de la culture Antonio Abreu, révolté par la pauvreté de son pays, rêve de créer un système d’éducation musicale qui puisse sortir de la misère et de la délinquance les jeunes du Vénézuela, à travers un réseau d’orchestres d’enfants, dans tous les recoins du pays.  Son rêve se réalise avec la création du Sistema, dont le credo n’est pas de former de parfaits solistes, à l’instar d’un conservatoire académqiue, mais de favoriser l’apprentissage collectif, afin de réduire les sentiments d’échec, de frustration, de jalousie.  Pour motiver les enfants, on ne leur dit pas “tu vas devenir musicien”, mais “tu es musicien”, et on insiste très vite sur les performances publiques, afin qu’ils se sentent valorisés.

Aussitôt sorti de la prestigieuse Julliard School de New York, Antonio Abreu n’a eu qu’une envie, celle de revenir au pays pour se consacrer à l’éducation musicale de ses jeunes. Il devient directeur de l’école de musique de Sarria, quartier défavorisé de Caracas, où tous les enfants bénéficient de 24 heures de cours de musique par semaine, dès l’âge de 3 ans. Un modèle d’enseignement unique et terriblement plus efficace que n’importe quel conservatoire.

En temps normal, les enfants trainent dans les ruelles de Sarria, forment des gangs et manipulent les armes à feu. La mort fait partie de leur quotidien. Entrés à l’école de musique, “les enfants découvrent que la musique classique ne s’écoute pas seulement lors des cérémonies funèbres”, comme le fait remarquer Angèle Savino.  Leurs modèles ne sont plus les dealers de drogue et les chefs de gang qui finissent souvent par se faire tuer, mais les musiciens de l’Orchestre Simon Bolivar qui eux, restent des héros bien vivants.

Le Sistema permet à 300 000 jeunes de se former gratuitement à la musique. Tous ne deviendront pas des super-solistes de l’orchestre dirigé par Gustavo Dudamel, lui-même enfant issu d’un quartier défavorisé, mais comme l’affirme le trompettiste de l’orchestre Rafael Elster, avec cette formation les enfants ne vont plus “comparer les calibres de pistolets, mais les différentes marques d’instruments”…

Pour en revenir au concert de la salle Pleyel, ayant lu tout ce que je viens d’écrire à propos de cet orchestre de jeunes, j’ai ressenti une très grande émotion lorsque cette bande de muchachos a rempli la salle des merveilleuses harmonies de la Symphonie Alpestre de Richard Strauss. Contrairement à Renaud Machart, qui déplorait dans sa critique du Monde une Symphonie Alpestre méconnaissable, tellement le son de l”orchestre lui a éclaté les tympans, j’ai ressenti quant à moi une émotion et des frissons terriblement palpables. Cette oeuvre de Strauss est absolument monumentale, et elle exige à mon goût une telle puissance sonore, pour que la somptuosité orchestrale et harmonique fasse son effet…

Alors pour finir,  M. Frédéric Mitterand, je vous lance un appel, vous qui avez ressenti comme moi une telle émotion avec ce concert samedi soir, et qui avez récompensé Gustavo Dudamel et Antonion Abreu : qu’attendez-vous pour vous inspirer de ce modèle venezuelien, et transposer ce miracle latin dans nos banlieux :  imaginez un instant qu’une centaine de “délinquants” du 93 cessent de brûler les voitures et de voler les scooters, pour se réunir ensemble dans un orchestre symphonique autour d’une noble cause pour interpréter la 9e Symphonie de Beethoven, avec une maîtrise parfaite et exemplaire…  Utopique dites-vous ? Agissez !

Un requiem trop littéraire…

octobre 12th, 2009

masqueAu coeur de l’automne de l’année 1828, Franz Schubert, âgé de seulement 31 ans, tombe sérieusement malade. Sur son lit de mort, il écrit son Requiem, le chef-d’oeuvre de toute sa vie. Il sait que sa fin est proche, qu’il va bientôt rejoindre Beethoven sous la terre. Il repense donc aux moments heureux ou douloureux qui ont bercé sa courte existence ; son amour pour Thérèse Grob, pour qui il avait composé les solos de soprano dans ses premières messes, les souvenirs de sa mère décédée trop tôt, ses compagnons de voyage rencontrés sur le chemin de sa vie, Schober, Vogl, Bauernfeld, le soutien de son frère Ferdinand, etc.

Dans son roman Le requiem de Franz, Pierre Charras laisse Schubert s’exprimer à la première personne, au temps présent. Le Requiem auquel il fait référence est bien sûr imaginaire, dans le sens où Schubert n’en a jamais écrit (en tout cas, à notre connaissance !), mais on peut spéculer sur le Requiem que le compositeur entendait peut-être, à l’instar de Mozart, dans sa tête, sur son lit de mort.
Kyrie, Confutatis, Lacrymosa…. Pierre Charras structure son livre par les titres des différents mouvements d’un requiem. Mais ce sont les faits et anecdotes que l’on connaît à propos de Schubert qui rythment le récit.

L’amateur de Schubert que je suis n’a rien appris de nouveau à la lecture de ce roman, mis à part les égarements fantaisistes du romancier (Schubert fréquentait-il vraiment les prostituées ?). Je l’ai lu par curiosité, mais je me suis vite senti mal à l’aise. Je n’ai pas vraiment aimé le ton, ni le style d’écriture.
Pierre Charras est un romancier, pas un musicien, et le fait de faire passer Schubert pour un poète littéraire me gène. Mais je pense que son livre est sans doute un bon moyen de faire découvrir Schubert à celui qui ne le connaît pas. Il aide en tout cas à comprendre la personnalité introvertie du compositeur. Mais pour moi la musique me suffit, je n’ai pas besoin d’un écrivain – dont je ne renie en rien la qualité – qui s’imagine parler à la place du musicien.

Cela étant dit, c’est tout de même un bel hommage personnalisé à Schubert, et je vous conseille de lire ce roman pour que vous en fassiez votre propre opinion… Et si vous l’avez déjà lu, je serais heureux de lire vos commentaires.

Le Requiem de Franz

septembre 18th, 2009

requiemdefranzLe Requiem de Franz, c’est le titre du nouveau roman de Pierre Charras. Mais de quel Franz parle-t-on ? Et de quel requiem ?!
Allez, quelques indices : la truite, Vienne, 31 ans, petit champignon.
Non, vous ne voyez pas ?

Je n’ai pas encore lu le livre, mais quand je l’aurai fait je posterai une chronique.

En attendant, et pour vous donner envie, voici la présentation des éditions Mercure de France :

Bien que mort prématurément à trente et un ans, Franz Schubert aura eu le temps de composer plus de mille œuvres, dont quelque six cents lieder. Par-delà les siècles, comme le génial témoin revenu d’un voyage dans le temps, Pierre Charras fait entendre au présent la voix du compositeur, au plus près du processus créatif, et dessine les contours d’une âme tourmentée.

L’orchestre de la paix

septembre 14th, 2009

Le 1er septembre dernier, 93 musiciens de 74 orchestres différents du monde entier se sont réunis sous la direction du chef russe Valery Gergiev pour un concert à Cracovie en Pologne, en faveur de la paix dans le monde, 70 ans après le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale. L’orchestre s’est ensuite envolé pour Stockholm pour un 2e concert dans la foulée.

Au programme : la géniale et universelle Symphonie n°5 de Gustav Mahler, ainsi qu’une création du compositeur polonais  Krzysztof Penderecki : Prélude pour la paix.

L’Orchestre Mondial pour la Paix fut créé en 1995 par le chef britannique Sir Georg Solti, pour marquer le 50e anniversaire des Nations Unies. “La puissance de la musique comme ambassadeur de la paix à travers le monde”, tel est son credo et sa motivation.

Ci-dessous un extrait vidéo :

L’Opéra au bois dormant

septembre 14th, 2009

En rénovation depuis 3 ans, l’Opéra Royal du château de Versailles devrait fêter sa réouverture le 21 septembre prochain.

Louis XVI l’avait commandée à l’architecte Mansart en 1682, mais l’inauguration de la scène royale n’aura lieu qu’en 1770, sous le règne de Louis XV (ce qui correspOpéra Royal de Versaillesond, pour l’anecdote, à l’année de naissance de Ludwig van Beethoven).
L’opéra, construit principalement en bois et se trouve tout à fait au bout de l’aile nord du château, a été davantage marquée par l’histoire politique que musicale. On l’utilisa à plusieurs reprises comme lieu de réception et de mariage. Durant la IIIe République, c’est le Sénat qui prend possession du lieu, entrainant des modifications de décor et d’architecture.

Ce n’est qu’après la Seconde Guerre Mondiale que le théâtre est rendu à la culture.

Le château de Versailles mise donc sur la réouverture de l’Opéra Royal pour offrir une saison artistique et musicale 09/10 plus riche que jamais, où Mozart sera particulièrement à l’honneur (Cosi fan tutte,  Don Giovanni et les Noces de Figaro).  Au programme également : Molière (le malade imaginaire), Purcell, Handel (le Messie), Lully (Le bourgeois gentilhomme), Bach (concertos brandebourgeois), Vivaldi (les Quatre Saisons), Couperin, Ravel, Rameau…

Pour connaître toutes les dates et toute la programmation, rendez-vous sur le site officiel du Château de Versailles.

Dans l’édition du 12 septembre du magazine Le Monde 2, vous pourrez voir quelques clichés de l’Opéra en rénovation, par le photographe Patrick Tourneboeuf, avec les explications de la journaliste Martine Valo.

La musique compressée

septembre 11th, 2009

Jeudi 10 septembre 2009, j’étais invité par le site de téléchargement Musiclassics à une séance d’écoute pour comparer différents formats de compression musicale. Ce fut une épreuve tout à fait intéressante à plusieurs points de vues.

Le test consistait à écouter un extrait de 4 oeuvres différentes, dans 5 formats de compression numérique différents : AAC 320, WMA 320, MP3 320, WMA 192, et AAC 192. Mais en plus de ces fichiers compressés, il y avait le master original, un fichier non compressé donc.

L’audition a eu lieu au studio de la Grande Armée au Palais des Congrès de Paris, soit un lieu assez extraordinaire et très adapté à ce genre de test, avec un matériel audio très performant.

Les 4 morceaux étaient : étude symphonique op.13 de Schumann, “Thy hand, Belinda” de Didon & Enee de Purcell, le début de la 8e symphonie de Mahler et enfin, le 3e mvt du concerto pour violon n°1 de Mendelssohn. Quatre enregistrements soigneusement sélectionnés pour leur excellente prise de son.

L’écoute en studio aplatit complètement le son, et enlève la chaleur des couleurs. Elle accentue davantage tous les défauts sonores.  Autant dire que ce fut une écoute chirurgicale et une expérience pas très sympa pour un mélomane audiophile…

J’ai trouvé le test très difficile à faire…Il s’agissait de mettre une note de 1 à 10, afin de mettre dans l’ordre la différente qualité des compressions. Les différences sont très subtiles. le plus amusant et le plus paradoxal, c’est que dans mes résultats, j’ai mis dans le bon ordre les différentes compressions, mais j’ai placé en dernier à chaque fois le master original, soit le seul fichier qui n’était PAS compressé !

A méditer…

Penderecki au Festival de Dinard

août 11th, 2009

Penderecki © Richard HoldingLe fameux festival breton, consacré en priorité à la musique pour piano,  invitait le samedi 8 août pour son grand concert gratuit d’ouverture en plein air l’immense compositeur polonais Krzysztof Penderecki (né en 1933).
Au programme : le Concerto pour piano, Résurrection, composé en réaction aux attentats du 11 septembre. C’est la première fois que l’oeuvre est donnée sur le territoire français. Une vaste partition pour grand orchestre, en un seul long mouvement, oscillant entre séquences martiales, suspensions inquiétantes et élans d’héroisme porteurs d’espoir.
2000 personnes ont fait le déplacement pour assister à l’éclosion de cette oeuvre imposante et spectaculaire, avec au piano le génial Kun Woo Paik, directeur artistique du festival de Dinard depuis 1994.  (Un de mes pianistes préférés, que j’ai découvert avec l’album “Faure” chez DECCA composé de nocturnes, préludes et barcaroles).

Le langage musical de Penderecki n’a rien à voir avec son style expérimental des années 60 (Rappelez-vous Threnody pour les victimes d’Hiroshima…). Aujourd’hui, il revient à un langage néo-romantique nettement plus abordable, même s’il continue à faire usage de certains clusters par moments.
On se croirait dans un concerto pour piano de Prokofiev ou une symphonie de Chostakovitch.

J’ai rencontré Penderecki en back-stage après le concert, et je lui ai demandé comment il voyait son style expérimental aujourd’hui : « Non, je ne renie rien de ce que j’ai composé. Dans les années 60 nous étions dans une phase purement expérimentale avec une liberté totale. On ne peut pas aller plus loin que moi dans mon oeuvre “Threnody”. Il n’y a plus rien à découvrir en musique ».

Aujourd’hui Penderecki choisit de s’exprimer donc dans un style déjà connu (néo-romantisme). Il n’innove donc aucun langage, mais il innove sur le plan de la créativité des idées musicales.

Le festival de Dinard, qui donne toujours autant la part belle au piano, se poursuit jusqu’au 22 août à l’Auditorium Stéphan Bouttet. L’occasion d’entendre à nouveau Kun-Woo Paik, mais aussi les pianistes François Frédéric Guy, Greogorio Nardi, Hüseyin Sermet, Joaquin Achucarro et d’autres dans une programmation éclectique où sont mêlés Schubert, Beethoven, Busoni, Ravel, Janacek et des compositeurs moins joués tel Toufic El Bacha, Adnan Saygun ou Toru Takemitsu…

>> A lire : mon compte rendu plus détaillé du concert sur resmusica.com

Kun Woo Paik / copyright : Richard Holding

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Les Festivals de l’été 2009

juin 30th, 2009

Tous les ans, c’est pareil, le mélomane n’a que l’embarras du choix entre des centaines de festivals à travers la France entière.

Pour s’y retrouver un peu sur le plan géographique, une initiative amusante et très pratique a été développée par Google et son service “Maps”, en collaboration avec Télérama (pour l’aspect éditorial). Sur la carte de France, tous les points correspondent à des festivals différents. On peut les filtrer pour n’afficher que les festivals de musique, choisir aussi la date et la région. Google fait le tri pour vous, et il vous suffit ensuite de cliquer sur chaque point pour avoir accès aux informations concernant le festival qui vous intéresse.

Sympa et ludique !

Requiem pour une avant-garde

juin 12th, 2009

Pour contraster avec la musique contemporaine que je décris et savoure dans l’album “A place between” (voir plus bas), j’ai trouvé intéressant de reproduire un extrait du livre Requiem pour une avant-garde de Benoît Duteurtre, qui parle avec lyrisme et poésie de l’aridité de la musique contemporaine (mais plus celle des années 50 – 60, Boulez, Stockhausen, etc..) :

“Pour comprendre l’attrait marginal exercé par la musique contemporaine, il faut tenir compte de la bonne volonté de l’auditeur, contraint par son siècle à donner des gages à toute prétendue modernité. L’oreille du mélomane qui ambitionne d’aimer la musique contemporaine, de comprendre l’avant-garde se met à l’affût du moindre détail propre à justifier cet art rébarbatif. Dans ce tumulte pénible et vain, toute apparence de mélodie, de consonance, de rythme, si brève soit-elle, ressemble à une goutte d’eau fraîche, magnifiée par l’aridité environnante.
la beauté d’une simple consonance paraît miraculeuse. A force d’écouter et de réécouter, la goutte d’eau devient une oasis. Un effort considérable nourrit l’illusion de beauté, récompense d’une relation esthétique quelque peu sadomasochiste… Plus tard, le mélomane oublie les structures pour se reporter sur les plaisirs plus immédiats de Bach, bartok ou Louis Armstrong.
Evoquant la musique contemporaine, il embellit ses souvenirs du désert. Mais s’il y retourne, par hasard, quelques années plus tard, avec moins de bonne volonté, la magie de fonctionne plus. Il ne reste de l’oasis qu’un mirage, trop éphémère pour justifier l’étendue sèche qui l’entoure…”

A place between

juin 5th, 2009
Osons cette affirmation de luxe : voici un magnifique album de musique contemporaine qui risque fort de faire vibrer la corde sensible de ses auditeurs… Affirmation de luxe car avouons-le, la musique classique d’aujourd’hui est souvent déroutante pour un public en quête d’émotions nouvelles.
La recherche de la beauté, celle qui procure du plaisir au sens le plus direct et immédiat, n’est plus la préoccupation essentielle des compositeurs chez qui concept précède émotion.

>> Lire la suite sur lavie.fr

Clara

juin 1st, 2009

Je suis surpris par l’assez bon accueil réservé par la presse au film Clara de Helma Sanders-Brahms, actuellement en salles.
Le film met en scène le couple Schumann et leur arrivée à Düsseldorf où ils vont faire la connaissance du jeune Brahms, qui séduit autant Robert que Clara, pour différentes raisons… Le film se focalise particulièrement sur le personnage de Clara, tiraillée entre ses trois enfants, un mari maniaco-dépressif, une frustration musicale et des sentiments naissants pour un génie 20 ans plus jeune qu’elle.
Je me suis pas mal ennuyé pendant ce film que je trouve bourré de niaiseries, tant dans la mise en scène que dans les dialogues. Même musicalement, on n’y croit pas vraiment. C’est artificiel, cul-cul et mal ficelé. Un vrai téléfilm-du-dimanche-après-midi pour végétatifs du canapé. La version française accentue davantage cette impression.
Sans doute les spectateurs non-mélomanes qui découvrent Brahms et Schumann par ce film y trouveront un intérêt, une curiosité d’écouter davantage leur musique. Mais pour ceux qui connaissent déjà, et qui connaissent aussi l’histoire du trio “musico-sentimental” entre ces 3 artistes romantiques, le film nous apprend rien de plus.
Dommage, il y avait sans doute plus original à faire…

Lyriske stykker

juin 1st, 2009

De cette passionnante époque romantique, les amoureux du piano se délectent facilement des nocturnes de Chopin, des romances sans paroles de Mendelssohn, des “harmonies poétiques et religieuses” de Liszt, des intermezzi de Brahms ou des fantaisies de Schumann…
On connaît un peu moins les “pièces lyriques” d’Edvard Grieg, compositeur issu des brumes nordiques, mondialement connu pour sa mise en musique du drame d’Ibsen, Peer Gynt.
Malheureusement, cette oeuvre surpopularisée fait beaucoup d’ombre au reste de sa production musicale, qui recèle d’innombrables joyaux…
Moi-même pianiste amateur, j’ai été tenté par l’achat de la partition intégrale des pièces lyriques de Grieg, dans un très économique recueil à 10 euros… 10 petits euros pour des heures de pur bonheur à déchiffrer les arietta, valses, élégies et autres miniatures, autant de fragments d’âmes et de vues sur un esprit créateur proprement génial.
Souvent très courtes, ces pièces étonnent par leur couleurs, leurs modulations, leur mélodies délicates. On y retrouve une part d’esprit des romantiques germaniques, mais elles ont une fraîcheur et une singularité propre, une marque de fabrique souvent très personnelle, dans les développements parfois surprenants…
Mes préférés sont pour l’instant les pièces op.12, la mélodie op.47 n°3, la ballade op.68 n°5.
Mais j’ai encore beaucoup de matière à déchiffrer…

Le Stabat d’Agostino Steffani…

avril 26th, 2009

Quel havre de richesses ce vaste répertoire de la musique baroque… De jour en jour les nouvelles découvertes fusent et remplissent de joie mes oreilles gourmandes.
Connaissez-vous le Stabat Mater d’Agostino Steffani (1654-1728) ? Je vous avoue que moi-même, avant ce dimanche matin quelque peu grisâtre, j’ignorais tout autant l’oeuvre que le compositeur… Quelle découverte ! Ayant moi-même composé un Stabat Mater, je suis toujours curieux d’entendre ceux des autres, voir comment ils mettent en musique ce texte d’une douleur terrible décrivant la souffrance déchirante d’une mère au pied de la croix, où est suspendu son fils défunt.
La vision de Steffani est d’une très grande beauté…. je l’entends ici dans une version parfaite de Gustav Leonhardt chez Deutsche Harmonia Mundi.

Quintette avec piano op.57 de Chostakovich

mars 28th, 2009


Ce matin, pour une raison tout à fait hasardeuse, j’ai décidé de me réveiller en musique avec le Quintette avec piano de Chosta, une oeuvre dont je ne connaissais depuis plusieurs années que l’Intermezzo, avec à son début un inoubliable dialogue des violons sur fond de pizzicati. Quel chef d’oeuvre.
Mais le mouvement le plus profond selon moi, celui qui nous parle le plus aux tripes, est très certainement le 2e : une fugue très lente qui dure près de 10mn. Il n’y a que dans la musique de chambre de Chosta que j’ai ressenti de telles émotions lugubres et austères. La beauté du thème tient en sa fragilité, ses hésitations, ses non-dits. Chose rare dans une fugue, le temps paraît complètement suspendu. C’est comme s’il parvenait à exprimer toute la consistance et la réalité du vide angoissant qui se place devant nous.
Pour découvrir cette oeuvre, je vous conseille la superbe version enregistrée live au Musikverein de Vienne en décembre 2006 par Julian Rachlin, Janine Jansen, Yuri Bashmet, Mischa Maisky et Itmar Golan (ONYX 4026)

Symphonie « Résurrection » de Mahler

mars 25th, 2009


Annonce concert :

Samedi 28 mars à 20h00, la grandiose symphonie n°2 de Mahler va faire trembler les murs de la salle Pleyel à Paris.
Jean-Claude Casadesus sera à la tête de l’Orchestre National de Lille, avec la mezzo Lili Paasikivi pour interpréter le bouleversant Urlicht et le Chœur de l’Orchestre de Paris dans le puissant choeur final de la résurrection.

Un concert diffusé en direct sur radioclassique, qui offre également 20 % de réduction sur les places achetées sur leur site

On ne peut mourir tranquille avant d’avoir entendu au moins une fois dans sa vie ce monument immortel du romantisme tardif….

Moussorgsky façon rock symphonique

mars 18th, 2009


Les tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgsky seront donnés le 4 avril prochain à Paris Salle Pleyel dans une version classique et…. rock ! Tel est le défi que se lancent Myung-Whun Chung, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, le pianiste Roger Muraro et le groupe de rock DEMAGO, dans le cadre d’un concert exceptionnel spécialement conçu pour un public familial.

Composés à l’origine pour piano seul en 1874, Les tableaux d’une exposition ont grandement contribué à la célébrité du compositeur russe et se sont diffusés à travers le monde entier en remportant un vif succès. Inspirés par une série de dix tableaux peints par Victor Hartmann, un ami du compositeur décédé un an auparavant, les pièces expriment chacune les différentes impressions que procurent chaque scène (Le Gnome, le Vieux château, le marché de Limoges, la grande Porte de Kiev…). Moussorgsky les organise de telle façon que l’auditeur s’imagine véritablement vister une exposition, l’interlude musical de la Promenade accompagnant le spectateur d’un tableau à l’autre.

En 1922, Maurice Ravel proposa du chef-d’œuvre de Moussorgsky une orchestration très raffinée, c’est d’ailleurs cette version qui est aujourd’hui la plus souvent entendue, devenue une pièce maîtresse du grand répertoire symphonique.

Il sera intéressant de voir quelle sera la vision du groupe DEMAGO, sachant que leur initiative n’est pas la première du genre. En 1971 déjà, le groupe britannique Emerson, Lake et Palmer (ELP) avaient produit un album rock de certains des tableaux de Moussorgsky, sans doute l’album qui a le plus fait pour leur célébrité… Le japonais Isao Tomita, grand spécialiste de la musique électronique, avait lui aussi produit un album à succès en 1975 consacré à une adaptation de l’œuvre de Moussorgsky.

Le concert du 4 avril, qui sera diffusé le 15 avril à14h30 sur France Musique et filmé par France 2 pour un documentaire à paraître, sera précédé le jeudi 2 avril par deux concerts identiques pour les élèves des écoles élémentaires et collèges, ainsi que trois ateliers de création et pratique musicale proposés par les musiciens de l’Orchestre Philharmonique.

Prix des places : 8 € (ouvert à tout adulte accompagné d’un enfant âgé de 7 ans minimum)
Renseignements et location au 01 56 40 15 16 ou sur www.radiofrance.fr

Biographies, photos, vidéos, documents téléchargeables à l’adresse suivante :
http://www.wagramlabel.com/demagooprf/

Arvo Pärt : In Principio

mars 17th, 2009


Une fois de plus, le génie vivant du compositeur estonien Arvo Pärt, rendu célèbre en France par le film La Chambre de Officiers, projette ses rayons mystiques sur le front de l’activité musicale contemporaine. Son nouvel album, In Principio paru chez le fidèle label ECM, est une généreuse compilation d’œuvres récentes, pour la plupart encore jamais enregistrées sur disque. Un magnifique cadeau de la part d’un des plus grands alchimistes sonores de notre temps, dont le langage musical épuré fascine par sa pureté et sa profondeur.

Parmi les œuvres du présent disque, In Principio est la pièce la plus imposante (en 5 mouvements, pour chœur et orchestre). Il s’agit d’une mise en musique à la fois glaçante et sereine du Prologue de l’Evangile Selon Saint Jean (“Au Commencement était le Verbe”), dont les paroles sacrées se chargent d’une émotion absolument sublime par la puissance de l’ouvrage musical.

La Sindone, œuvre purement orchestrale est une sorte de poème symphonique dont le sujet principal est le mystère du Saint Suaire et de son voyage à travers les siècles. Les cordes fragmentées semblent s’essayer au portrait du crucifié, dont les traits sont imprimés dans le tissu sacré, générant une expérience musicale tout à fait palpitante.

Cecilia Vergine Romana, pour choeur et orchestre, raconte l’histoire de Cécile de Rome devenue par son martyr patronne des musiciens. Une légende qui a particulièrement bien alimenté l’inspiration créatrice de Pärt qui nous lègue ici une de ses pages les plus poignantes. La procession finale est tout à fait frappante, illustrée par une simple tierce mineure inlassablement répétée dans une texture orchestrale subtile et colorée, par-dessus laquelle le chœur entonne une magnifique mélopée funèbre.

Non moins émouvante est l’oeuvre Da pacem Domine composée en mémoire des victimes des attentats de Madrid, en 2004, entendue ici dans une version très aérienne pour choeur et orchestre à cordes.

Les deux dernières œuvres de l’album ne sont pas moins fascinantes ; Mein Weg, originellement composé pour orgue, est une pièce étonnante sur le plan de l’écriture, avec son caractère fluctuant et infatigable. Für Lennart im Memorium a quant à elle été commandée par l’ancien président d’Estonie Lennart Georg Meri, pour ses propres funérailles. La musique de Pärt, une douce lamentation pour cordes seules, semble directement issue de la quiétude des Kanon Pokajanen, son vaste chef-d’oeuvre pour choeur a cappella composé dans les années 80.

Sous la baguette du chef d’orchestre Tonu Kaljuste, grand défenseur de toujours de la musique de Pärt, choristes et musiciens nous offrent une prestation à tous points de vue remarquable, tout à fait à la hauteur des exigences du compositeur, réputé pour sa minutie. La prise de son très claire ne fait que renforcer les qualités de cet album que les fans du compositeur dévoreront avec passion.

Edna Stern : “les préludes et fugues de Bach sont mes amis intimes”

mars 4th, 2009


Edna Stern, après un détour par le romantisme passionné de Robert Schumann, vous revenez avec ce nouveau disque à J.S. Bach, compositeur qui avait inspiré votre tout premier album. Votre relation semble très intime… D’où vous vient cet attachement ?

« Intime » est un mot bien choisi en effet, je pense que cela provient du fait que ces pièces de Bach ont été longtemps à mes côtés, le prélude et fugue no. 2 en do mineur et le no. 7 en mi bémol majeur font partie des premières pièces que j’ai apprises de ce livre I du Clavier bien tempéré, j’avais 11 ans en les découvrant. J’ai beaucoup changé depuis et ces pièces aussi dans ma façon de les percevoir. Je les considère comme des amis intimes qui, tous les jours, ont quelque chose à m’apprendre sur la musique, mais aussi sur la vie en général…

>> Lire la suite de l’interview d’Edna Stern sur lavie.fr

Edna Stern chante Bach au piano

février 28th, 2009

Telle une étoile filante, la jeune pianiste Edna Stern avait vivement marqué les esprits en illuminant le ciel musical par son tout premier disque « Chaconne », largement salué par la presse en 2005. Les deux disques suivants (consacrés à Carl Philipp Emmanuel Bach et Robert Schumann) n’ont fait que confirmer l’immense talent de cette interprète d’origine israélienne. Elle revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec la sortie d’un nouvel album consacré à Jean-Sébastien Bach, offrant un subtil programme de préludes et fugues extraits du premier livre du Clavier bien tempéré, entre lesquels viennent s’immiscer quatre chorals, choisis en fonction de leur texte, de leur caractère et de leur tonalité.
Chef-d’œuvres de la fugue et du contrepoint, habituellement considérés comme des pièces d’étude « pour la pratique et le profit des jeunes musiciens désireux de s’instruire », selon les termes de Bach lui-même, Edna Stern est quant à elle convaincue de leur portée poétique et lyrique. L’ordre qu’elle a choisi est voulu de sorte que l’auditeur ait l’impression qu’on lui raconte une histoire (« une cantate » dit-elle), les préludes et fugues délaissant leur austérité originelle pour devenir des pièces proprement expressives, dotées chacune d’une lumière et d’une couleur caractéristique…

Madame Butterfly en direct au cinéma

février 18th, 2009


Le 7 mars prochain, des centaines de salles de cinéma du monde entier vont se métamorphoser, l’espace d’une soirée, en théâtres d’opéra. Pour environ 20 euros, vous pourrez assister à une représentation en direct de Madame Butterfly de Giacomo Puccini, retransmis en haute définition vidéo et sonore depuis le Metropolitan Opera de New York. Dans cette production à succès signée Anthony Minghella, les rôles titres seront interprétés par Cristina Gallardo Domâs et Marcello Giordani, sous la direction de Patrick Summers.

Ce concept d’opéras retransmis sur grand écran a été lancé par le Met durant la saison 2006-07, et a chaque fois remporté, comme on pouvait s’y attendre, un très large succès. Malgré les efforts de démocratisation de beaucoup de maisons d’opéras, l’accès aux spectacles lyriques demeure toujours difficile pour beaucoup de gens, et il faut souvent débourser plusieurs dizaines voire centaines d’euros pour obtenir un billet à peu près décent qui permette de profiter pleinement d’une représentation. Avec ces « ciné-opéras », des centaines de milliers de personnes peuvent désormais profiter de grands moments d’opéras à moindre coût et dans un confort visuel et acoustique de très grande qualité. Certes, l’écran de cinéma ne saurait remplacer la scène d’opéra, mais les émotions, bien que différentes, sont toujours réelles.

En France, vous pourrez profiter de l’opération dans la plupart des grandes villes (voir la liste des cinémas plus bas). Après Puccini le 7 mars, deux autres opéras italiens seront retransmis « live » depuis le Met selon le même procédé (La Somnambule de Donizetti le 21/03 et La Cenerentola de Rossini le 9/05). A noter que France Musique s’associe également à l’opération en offrant à ses auditeurs une retransmission en direct.

>> Cliquez ici pour connaître la liste des cinémas participants en France

Les folles journées à la sauce du baroque allemand

février 2nd, 2009


5 jours, 300 concerts, des centaines de musiciens et une pléthore de spectateurs. La Folle Journée de Nantes 2009 s’achève avec autant de succès que ses éditions précédentes, malgré une programmation un peu plus aventureuse dans le baroque allemand de Schütz à Bach.

Chaque année au mois de janvier, la machine à voyager dans le temps qu’est la Cité des congrès de Nantes revient à son point de départ avec à son bord, les vestiges et autres trésors amassés durant son séjour dans le passé musical européen. Les différents compartiments de l’immense vaisseau, rebaptisés pour l’occasion au fil de ses haltes et de ses rencontres, ouvrent leurs portes à des milliers de curieux venus en masse admirer le fruit des trouvailles.
Cette année les aventuriers-musiciens ont revisité les XVIIe et XVIIIe siècles germaniques s’arrêtant tour à tour dans les villes de Lübeck, Muhlhausen, Leipzig, Eisenach, Ohrdruf ou Lunebourg pour y rencontrer les illustres Buxtehude, Praetorius, Schütz, Weckmann ou Böhm avant un séjour plus allongé chez le grand Bach. De ces hommes plus ou moins célèbres, il nous a été ramené des fragments de génie et de créativité qui, durant cinq journées complètement folles, ont été réanimés en un florilège musical des plus festifs….

>> Lire la suite de l’article

Liturgie spatiale pour Monteverdi

janvier 29th, 2009

Concert. Paris, Théâtre du Châtelet. 29-01-2009. Claudio Monteverdi (1567 – 1643) : Vespro della beata Vergine. Oleg Kulik, conception visuelle, mise en sècne, lumières et costumes. Denis Kryuchkov, scénographie. Hermes Zygott, conception sonore. Choeur Du Châtelet, direction : Gildas Pungier. Ensemble Matheus, direction : Jean-Christophe Spinosi.

“Un grand nombre de Français prennent des antidépresseurs et vivent dans la solitude du grand amour. Avec la crise, ils risquent de sombrer dans l’alcool et dans la drogue. Ceux qui auront entendu les Vêpres, vivront autrement c’est sûr.”
Telle est, en tout cas, la conviction du plasticien russe Oleg Kulik, créateur de la “liturgie spatiale” donnée en ce moment au Théâtre du Châtelet, un spectacle enivrant élaboré à partir des Vêpres à la Vierge de Claudio Monteverdi, mêlant musique, chorégraphie, bruitages, lumières, parfums et costumes… Un festin sensoriel dont la bizarrerie contemporaine a sans doute offusqué plus d’un puriste, mais que les plus affranchis auront savouré avec ravissement et plénitude, tant la mise en espace et en couleurs, loin de l’endommager, profite à ce chef-d’oeuvre immortel de la musique sacrée composé il y a 400 ans.

>> Lire la suite sur le site du magazine La Vie

Une folle journée plus baroque que jamais

janvier 27th, 2009


De Schütz à Bach… Nantes s’apprête à retrouver l’effervescence de sa Folle Journée qui se déroule du 28 janvier au 1er février à la Cité des Congrès.

La Folle Journée de Nantes, c’est l’un des plus grands sommets annuels de la musique classique en France depuis 1995. Pendant 5 jours, Schütz, Buxtehude, J.S Bach et d’autres sont à l’honneur dans 270 concerts donnés à Nantes et sa région par 1800 interprètes !

C’est René Martin qui est à l’origine du festival, un fin mélomane. Il raconte que l’idée lui est venue alors qu’il assistait à un concert du groupe de rock U2 au stade de la Beaujoire à Nantes. Il se demandait comment rassembler autant de milliers de spectateurs autour des musiques de Bach, de Mozart ou de Schubert. Avec le soutien de la Cité des congrès de Nantes, qui offre une multitude de salles, le concept est trouvé en 1995 : un compositeur est mis à l’honneur dans un lieu unique pendant toute une Folle Journée, avec des dizaines de concerts courts (30 mn à 1h) proposés à des tarifs attractifs. Réussite immédiate avec Mozart la première année : 37 concerts et 18 000 billets vendus. Depuis, le festival n’a cessé de s’agrandir ; cette année les organisateurs s’attendent à recevoir plus de 100 000 personnes sur les 5 jours…

La Folle Journée s’est exportée à Bilbao, à Lisbonne, à Tokyo, et depuis 2007 à Rio de Janeiro. À Nantes, c’est désormais toute la région qui vibre à ses accords, avec des concerts dans toutes les villes de la Loire et de la Vendée et la participation de dizaines d’associations de musiciens amateurs.

Bonne Année Musicale 2009 !!

décembre 31st, 2008


A tous les mélomanes, petits, grands, novices ou expérimentés, je vous souhaite une merveilleuse année 2009, qui ne sera en aucun cas moins musicale que les autres, je vous fais confiance pour ça :-) )

2009 sera une année Mendelssohn ; on célèbre en effet les 200 ans de ce génial compositeur allemand, dont personnellement je savoure avec toujours autant de bonheur les formidables “lieder ohne Worte” (romances sans paroles) pour piano, mais aussi les concertos pour piano, celui pour violon, les symphonies, et surtout la musique sacrée avec notamment les superbes oratorios Elias et Paulus.

Que 2009 vous apporte beaucoup de bonheur, et vous fasse découvrir toujours et encore d’éternelles, de merveilleuses et de nouvelles musiques !