Retour gagnant pour Emile Paladihle!
décembre 21st, 2009
Pour tout mélomane, exhumer un chef d’oeuvre endormi depuis des décennies est une expérience tout à fait excitante. L’amateur de musique classique, faute de se nourrir de nouvelles oeuvres, se contente de nouvelles interprétations, et finit par ne plus trop savoir où donner des oreilles entre les centaines d’enregistrements différents qui existent de la 5e de Beethov, les 4 saisons de Vivaldi ou du Requiem de Mozart…
Mais la vie d’un mélomane n’est pas exempte de rebondissements, et voilà que l’on vient de retrouver quelques gribouillis inédits du grand Ludwig dans un grenier viennois : un vieux menu de taverne déchiré, quelques ratures d’encre noire, des points et des traits…. mais 23 secondes de musique jouables ! En attendant, mon voisin fan de Coldplay savoure avec bonheur le tout dernier album du groupe, composé de 14 chansons, inédites elles aussi…. Peu importe, les gribouillis de Beethov, c’est du nouveau !
Un amateur de classique se contente de peu. Mais il arrive aussi que, une fois tous les 10 ans peut-être, un grand compositeur du passé resurgisse avec rage des oubliettes. Un tsunami dans le monde poussiéreux du classique ! Et une victoire au loto pour le mélomane. On apprend que c’était l’ami de Bizet, de Saint-Saens et de Gounod, et qu’en son temps, il jouissait d’une célébrité aussi grande. ça alors ! Comment est-ce possible ? Qui a entendu parler d’Emile Paladilhe ? Emile qui vous dites ? Paladilhe ! Inconnu du bataillon…
On nous dit qu’il est aussi le plus jeune Grand Prix de Rome de l’histoire, à 16 ans. Et aussi qu’il a composé un chef-d’oeuvre qui s’appelle Les Saintes Maries de la Mer, un vaste oratorio en 4 parties, pour solistes, choeur et orchestre. Curieux nous sommes de l’entendre ! Enfin un peu de fraicheur et de nouveauté dans ce monde dont on a balayé tous les recoins, d’innombrables manières…
C’est Jean-Philippe Sarcos, directeur musical du choeur et de l’orchestre de l’Académie de Musique, qui a eu la joie et le privilège de redécouvrir ce grand homme du romantisme français, et la générosité d’en faire profiter un public parisien fort nombreux, lors de deux grands concerts évènements à l’Eglise de la Madeleine et l’Eglise de la Trinité.
Le terme de chef-d’oeuvre n’est sans doute pas trop fort, tant nous sommes ressortis contemplatifs de cette vaste légende provençale aux couleurs inouïes et chatoyantes, savourées avec délectation… On y entend du Fauré, du Debussy, du Saint-Saens, mais aussi du Vaughan Williams, et pourtant non ! Non, ce n’est pas un patchwork de morceaux collés à la suite de ces grands noms du classique… Il y a quelque chose en plus, d’assez inqualifiable… mais bien sûr, c’est du Paladilhe, tout simplement !
Jean-Phillipe Sarcos avait le souci de transmettre au public son amour pour cette fresque, endormie à la Bibliothèque Nationale depuis plus d’un siècle. Avant le début du concert, petite introduction musicale aux Saintes Maries de La Mer. Le chef nous explique les 3 motifs musicaux à repérer dans l’oeuvre, qui parsèment la partition comme des leitmotivs avec variations. Le public l’écoute avec grande attention, et se tient ensuite dans les meilleures conditions pour apprécier cette re-création à sa juste valeur.
La prestation des musiciens a été tout à fait remarquable. C’est grâce à eux, surtout, que le mystérieux Emile est revenu à la vie, le temps d’une soirée passionnante… On a apprécié la belle énergie juvénile du choeur de 250 jeunes, fort concentré d’un bout à l’autre de l’oratorio, et sans partitions SVP ! Un grand bravo aussi aux excellents solistes, notamment l’impressionnant ténor Fabrice Mantegna, dont la voix puissante a joyeusement rempli tous les recoins de l’immense Trinité…
L’ensemble parisien “Oye Kephale”, créé en 1995, s’est fait une spécialité la revisite du répertoire de l’opérette, et plus particulièrement des opéras-bouffes de Jacques Offenbach (La Belle Hélène, la Périchole, les Brigands, la Vie Parisienne…).
Mercredi 25 novembre, j’ai été convié à assister à la remise des Diapasons d’Or 2009, à la salle Olivier Messiaen de Radio France. Une émission radio en direct présentée par la jeune paire dynamique Emmanuelle Gaume et Edouard Fouré Caul-Futy.
Je surveille toujours de près les films qui mettent en scène ou en valeur la musique classique… j’ai toujours pensé que le cinéma était un formidable moyen de faire aimer cette musique, la faire découvrir aux néophytes, selon la manière dont elle est utilisée pour accompagner l’image. Adagietto de Mahler dans Mort à Venise, Trio n°2 de Schubert dans Barry Lindon, Für Alina d’Arvo Pärt dans La Chambre des officiers… les exemples ne manquent pas. Ces films-là ne sont pas des films qui traitent de la musique, mais des films qui utilisent une même musique de manière récurrente, au point que images et musique deviennent indissociables et génèrent chez le spectateur une émotion forte faite de sons et d’images, et qui fera qu’a chaque fois qu’il entendra le Schubert ou le Mahler dans un autre contexte, il repensera forcément au film… et revivra son émotion.
A l’occasion du 20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, l’Orchestre Philharmonique de Radio France donnera un concert exceptionnel au profit de l’Unicef. Rendez-vous le vendredi 20 novembre 2009, à 20 heures, salle Pleyel à Paris.

Au coeur de l’automne de l’année 1828, Franz Schubert, âgé de seulement 31 ans, tombe sérieusement malade. Sur son lit de mort, il écrit son Requiem, le chef-d’oeuvre de toute sa vie. Il sait que sa fin est proche, qu’il va bientôt rejoindre Beethoven sous la terre. Il repense donc aux moments heureux ou douloureux qui ont bercé sa courte existence ; son amour pour Thérèse Grob, pour qui il avait composé les solos de soprano dans ses premières messes, les souvenirs de sa mère décédée trop tôt, ses compagnons de voyage rencontrés sur le chemin de sa vie, Schober, Vogl, Bauernfeld, le soutien de son frère Ferdinand, etc.
Le Requiem de Franz, c’est le titre du nouveau roman de Pierre Charras. Mais de quel Franz parle-t-on ? Et de quel requiem ?!
ond, pour l’anecdote, à l’année de naissance de Ludwig van Beethoven).
Le fameux festival breton, consacré en priorité à la musique pour piano, invitait le samedi 8 août pour son grand concert gratuit d’ouverture en plein air l’immense compositeur polonais Krzysztof Penderecki (né en 1933).

Osons cette affirmation de luxe : voici un magnifique album de musique contemporaine qui risque fort de faire vibrer la corde sensible de ses auditeurs… Affirmation de luxe car avouons-le, la musique classique d’aujourd’hui est souvent déroutante pour un public en quête d’émotions nouvelles.











